Place forte de Briançon

Briançon

Place forte de Briançon
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Naissance de la place forte au XVIIe siècle

Vers 1689, la frontière française sur les Alpes était loin de suivre la ligne idéale de partage des eaux : le Dauphiné était cerné, au nord, par les départements actuels de Savoie et Haute-Savoie qui appartenaient au duc de Savoie. Et au sud, la haute Ubaye et le comté de Nice n'étaient pas français.

Blottie sur la pente du piton portant le château, la petite ville de Briançon, très serrée, était entourée d'une mauvaise enceinte médiévale, construite de 1370 à 1395, dont la muraille, flanquée de trois tours, fut rapidement jugée insuffisante. Le château lui-même, ramas de constructions hétéroclites et vétustes, avait été renforcé d'éléments bastionnés par le connétable de Lesdiguières après la reprise de la ville en 1590. Le tout était bordé, à l'est et au sud, par les à-pics rocheux inaccessibles des gorges de la Durance : place sans grande valeur, certes, mais dont sa position en deuxième ligne ne justifiait pas de priorités exceptionnelles.

La refonte de la place et la construction de l'enceinte actuelle paraissent avoir été décidées vers 1689-90 pour mettre la ville à l'abri des « Barbets », protestants réfugiés en Piémont, contre lesquels des opérations militaires étaient en cours, et qui faisaient régner l'insécurité dans la contrée. À ce stade, il ne s'agit encore que d'une sorte d'enceinte de sûreté non terrassée et non susceptible de porter du gros canon.


L'invasion savoyarde et l'intervention de Vauban

Un évènement allait cependant amorcer un changement radical du contexte stratégique : un renversement d'alliance avait fait passer, en octobre 1690, Victor Amédée de Savoie dans le camp de la coalition, après soixante ans d'alliance franco-sarde. En juillet 1692, un corps d'armée commandé par le duc en personne, et le prince Eugène, passe le col de Larche, se concentre en Ubaye - alors savoyarde - pénètre en France par le col de Vars, s'empare de Guillestre (28-30 juillet), puis d'Embrun (16 août) et de Gap, avec l'intention de marcher vers les Cévennes et de provoquer un soulèvement général des huguenots : celui-ci ne se produit pas et, le duc étant tombé malade, le corps expéditionnaire, contenu par les manœuvres de Catinat, repasse les Alpes, laissant tout le pays dévasté.

Cette expédition aura démontré l'indigence du système défensif de la région. Aussi, la cour royale envoie d'urgence le brillant ingénieur Vauban (commissaire général des fortifications depuis 1678 et lieutenant général depuis 1688) pour y remédier.

Le projet de Briançon est daté des 21 et 23 novembre : manifestement, Vauban prend en compte une enceinte bastionnée déjà réalisée, et dont la conception lui est totalement étrangère. Il en critique les défauts, mais reconnaît objectivement que, compte tenu des contraintes internes et externes, il était pratiquement impossible de mieux faire. Aussi, ses instructions portent essentiellement sur les remèdes à apporter, en fait surtout des travaux complémentaires.

Dans un contexte de tensions grandissantes avec l’Italie voisine et de guerre de succession en Espagne (1701-1714), c’est ainsi en grande partie aux projets de Vauban que l’on doit les formidables fortifications ceinturant Briançon de toutes parts et qui ont joué un rôle important lors de l’offensive italienne de 1940.

Ce site majestueux et imposant permet de comprendre le génie d’adaptation dont a fait preuve le célèbre ingénieur militaire de Louis XIV. Bien qu’une importante partie des ouvrages ait été exécutée après sa mort, leur réalisation s’est faite selon ses principes jusqu’en 1734.


Tel qu'il est, l'ensemble de Briançon et de ses forts détachés offre une gamme unique compte tenu, entre autres, de leurs dimensions, de leur état, et de leur statut d'ouvrages de fortification de montagne. En plus de l'intérêt historique et technique de ces éléments, il convient de souligner l'Importance du capital d'infrastructure (baraques, point d'eau, réseau routier) et de l'intérêt qu'il représente, malgré l'état d'abandon général depuis 1940, pour la mise en valeur touristique du Dauphiné.

 

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