Parcours enfants Paul Héraud : Cimetière de Tallard

Parcours enfants Paul Héraud : Cimetière de Tallard
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Très rapidement, l’information se fait savoir dans les familles des enfants. Les Allemands ont donné l’ordre de transporter les corps au cimetière, et de les enterrer le plus vite possible sans cérémonie ce soir.

Le maire exécute les ordres des Allemands. Piqué par la curiosité, chacun des quatre enfants, sans savoir qu’ils allaient se retrouver, retournent sur les lieux.

- Mais qu’est-ce que vous faites là ? disent-ils en cœur, tous surpris de se retrouver de nouveau.

- Que se passe-t-il ? dit Louis.

- Que fait Monsieur Micanel ? dit Jacques

- Et Monsieur le maire ? dit Marianne

- Pourquoi un attelage ? dit Pierre

Le corps du gendarme est chargé en premier lieu sur le tombereau attelé au cheval, celui du civil est placé à côté de lui. Sous les yeux des enfants, le convoi s’achemine vers Tallard suivi respectueusement par le Maire, son adjoint et le contrôleur du ravitaillement. Aucun d’entre eux ne peut se résigner à obéir aux ordres des Allemands. Les enfants entendent monsieur le Maire dire :

- Retarder l’inhumation permettrait de prévenir les familles des défunts.

Pourtant, aucune cérémonie, aucune assistance ne peut être prévue, à cause de l’interdiction des Allemands. Les enfants et leur famille s’en désolent. Marianne se lamente :

- Je déteste la Gestapo qui nous prive de liberté ! Mon père travaille au cimetière, il est obligé de creuser la tombe de Paul Héraud et du gendarme Méyère tout de suite.

Pierre raconte :

- Mon père qui est gendarme, a reconnu son collègue fusillé cet après-midi.

C’est le gendarme Méyère !

Louis ajoute :

- Je crois vous l’avoir déjà dit, la deuxième personne fusillée s’appelle Paul Héraud.

Jacques informe ses amis qu’une personne de Tallard vient de mourir et que peut-être il sera possible d’enterrer les trois morts avec une même cérémonie. Mais il n’en est rien. A la nuit tombante les cercueils sont descendus en terre.
Le lendemain lors de l’enterrement de la personne de Tallard le maire et le curé, en accord, détournent le cortège de l’itinéraire habituel et le font défiler devant la tombe des deux victimes.

Ce fut le seul hommage rendu. Pierre, Marianne, Louis et Jacques purent rendre hommage à ces deux hommes courageux en mettant un magnifique bouquet de fleurs des champs que Marianne a choisi.

Un an après, Jacques, Pierre, Marianne et Louis ont bien grandi et n’ont pas oublié les conditions que les allemands avaient imposés pour inhumer les deux héros.
Aujourd’hui, 8 août 1945, le contexte a bien changé, l’hommage qui est dû a Paul Héraud et au commandant Méyère a lieu, enfin. Une cérémonie est organisée, à la hauteur du sacrifice de ces deux hommes qui ont participé à la libération de la France.

« J’ai entendu dire qu’il y aurait un cortège qui partait de Tallard jusqu’à Gap, dit Jacques, après que les corps aient été exhumés, vers 17 heures.

- Mais, à pied, cela va durer toute la nuit ! S’exclame Pierre.
Marianne rétorque :

- Nous pouvons bien faire ça pour rendre hommage à ces hommes qui se sont sacrifiés pour nous ! Faites ce que vous voulez, dans tous les cas moi, j’y vais.

- Je suis d’accord avec Marianne, dit Louis, je viens avec toi !
Les deux autres garçons disent en cœur :
- Nous venons avec vous.

- Rendez-vous à 17 h au cimetière. »

Lorsqu’ils arrivent au cimetière, Louis se perche sur le mur et décrit ce qu’il voit à ses amis. Il leur dit que les cercueils sont recouverts de drapeaux tricolores et que des fleurs ont été déposées sur ceux-ci. Il explique que de nombreuses personnalités sont présentes.

« Je vois Mr Gros, le maire de Tallard, il est accompagné de son conseil, les gendarmes à moto, le capitaine de la gendarmerie de Gap, le régiment de chasseurs alpins, les amis des disparus, les aviateurs de la base 608, le préfet des hautes alpes, le secrétaire général de la préfecture de Marseille, le secrétaire général de la préfecture de Gap, la délégation des anciens du maquis et encore plein d’autres gens que je ne connais pas qui doivent venir d’un peu partout dans les Hautes Alpes. »

 

 

 

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