Montgenèvre : la doyenne des stations
L'implication militaire
La position stratégique de Montgenèvre a conduit à l’implantation d’une garnison militaire en 1888. Afin de rivaliser avec les Alpini (tirailleurs italiens), l’armée française entreprend d’expérimenter de nouvelles techniques de déplacement rapide en montagne. En 1895, deux officiers norvégiens présentent le ski aux soldats hauts-alpins pour la première fois. Ce sport marque un tournant dans l’armée française en raison de ses avantages pratiques dans la course à l’équipement. Après avoir testé les « patins norvégiens », le capitaine Clerc, affecté au 159e régiment d’infanterie Alpine à Briançon depuis 1900, demande au Ministère de la Guerre de les intégrer au paquetage de ses soldats. Ses hommes reçoivent une formation en 1902, dispensée par des instructeurs norvégiens. Les skis ont progressivement remplacé les raquettes du fait de leur maniabilité supérieure. En 1904, le Ministère de l’Armée établi la première école de ski à Briançon, où de nombreux moniteurs bénévoles étaient des militaires. À cette époque, l’école comptait 80 élèves. Vers 1906, Montgenèvre est choisie par l’armée, au détriment du col du Lautaret, pour y établir son camp d’entraînement en raison de ses capacités d’hébergement des troupes.
Au début du XXe siècle, le ski n’est pas encore considéré comme un loisir. La neige a une connotation négative. Elle est perçue comme une gêne, voire un danger. Le capitaine Clerc souhaite changer les mentalités et encourage les civils à pratiquer le ski en soulignant ses bienfaits et son rôle dans la lutte contre les problèmes de santé. Des militaires donnent des cours, tandis que le Club Alpin Français distribue gratuitement des paires de skis. En 1906, le capitaine Rivas du 159e régiment d’infanterie Alpine, directeur de l’école de ski de Briançon, publie le Petit manuel du skieur pour promouvoir ce sport.