Savines-le-Lac : la renaissance d’un village condamné
Le village primitif
Le nom Savine est l’héritage d’une ancienne esclave affranchie du VIIIe siècle, nommée Sabina, qui devient par la suite la marraine des lieux. Celle-ci gérait une exploitation agricole pour le compte du patrice Abbon, recteur de Maurienne et de Suse, située sur la rive gauche de la Durance, à la croisée des actuels villages du Méant, de Puy-Saint-Eusèbe, de Saint-Appolinnaire et de Réallon, le long du torrent éponyme.
Le village primitif se trouve au lieu dit de la Paroisse. Nous pouvons encore apercevoir les vestiges de la première résidence des seigneurs de Savine. Leur origine remonte à 1085, lorsque ces derniers décident de quitter le village de Réallon pour s’implanter sur cette nouvelle terre dont ils prirent le nom.
Dans le premier quart du XIIe siècle, la seigneurie s’organise autour du château et de l’église consacrée à Saint-Florent. Ce mandement permet aux seigneurs d’étendre leurs pouvoirs sur les villages alentours. En 1130, Guillaume de Montmirail, l’un des fondateurs de l’abbaye de Boscodon, lègue ses terres arables situées sur la rive droite de la Durance aux Savine. Les villageois quittent donc progressivement les hauteurs pour s’installer dans la vallée.
La famille des Savine s’éteint au XIVe siècle. Grâce au mariage de Raymond Ier de Lafont de Pelleautier avec Gersende de Savine, une nouvelle lignée apparait : les Lafont de Savine. Après le passage des troupes savoyardes en 1692, Savine est réduite en cendres et doit être reconstruite. Les seigneurs décident de s’installer définitivement sur la rive droite, et érigent leur nouveau château sur le site de la Charrière.
Les membres de La Font de Savine occupent des hautes charges administratives et militaires pendant plusieurs siècles. Leur engagement est récompensé en janvier 1715, date à laquelle le roi Louis XIV élève Savine en marquisat qui perdurera jusqu’à la Révolution Française.