Fort des Trois Têtes

Briançon

Fort des Trois Têtes
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À l'origine, le sommet n'était pas plan, mais était constitué de trois mamelons rocheux (d'où le nom des « Trois Têtes ») qu'il a fallu raser pour asseoir la « ville » militaire intérieure.

L’histoire de la construction

La première étude de fortification des hauteurs des Têtes apparaît dans le deuxième projet de Vauban pour Briançon, en août et septembre 1700, et répond à un besoin impérieux de défense de la ville. En effet, la situation politique est pour le moins compliquée : Pignerol a été rasée et rendue à la Savoie, la guerre de succession d'Espagne est imminente et il devient évident que la ville est très vulnérable depuis les hauteurs des Têtes (le plateau des Têtes domine Briançon de 100 m, à 500 m de distance).

Il est alors décidé d’occuper le plateau par un camp retranché avec enceinte, flanquée de tours et de bastionnets, s'appuyant à l'arrière sur les escarpements des gorges de la Durance. La position doit être reliée à Briançon par une route et un pont sur la Durance, à créer également. Mais, faute de crédits, rien ne se fait jusqu'en 1708, tandis que la situation se détériore rapidement : en 1701 s'ouvre la guerre de succession d'Espagne ; en 1708, Victor Amédée de Savoie tente une attaque par surprise sur Briançon, puis occupe Exilles, Fenestrelle et le Mont Genèvre.

Briançon, alors limitée à l'enceinte de ville et un château délabré, est désormais en première ligne. Cela a pour effet de brusquer l’organisation défensive des positions : un camp retranché est construit, avec fossé et retranchement en terre et pierres sèches dessinant grosso modo un polygone convexe implanté à la crête militaire orientale du plateau.

Ce n’est qu’en 1713, avec le retour de la paix et la modification de la frontière avec la Savoie voisine, qu’il est décidé de donner une dimension permanente à cette organisation rudimentaire. Après plusieurs années de tergiversations financières, les travaux reprennent pour de bon en 1721, et le fort est considéré comme terminé en 1734. Très peu de changements l’ont affecté depuis.

Armé et occupé lors des invasions de 1814 et 1815, l'ouvrage ne fut cependant jamais attaqué ni bombardé, sauf en juin 1940 pendant la campagne franco-italienne lors de la Deuxième Guerre Mondiale.


Le fort en bref

De grandes dimensions, son plan s'inscrit dans un système bastionné régulier. Le front de gorge est constitué de lignes de défense. À l'intérieur de l'enceinte ont été construits plusieurs édifices logistiques : casernes, poudrières et corps de garde. La majorité des bâtiments est à étage.

Ouvrage particulièrement imposant, tant par ses dimensions que par sa situation dans un paysage grandiose, le fort des Trois Têtes, longtemps véritable centre de gravité de la forteresse de Briançon, a conservé l'intégralité de ses dispositions d'origine et, en particulier, un ensemble homogène d'éléments bastionnés réguliers et d'autres adaptés au cas particulier du site montagneux.

Il renferme, en outre, un ensemble d'urbanisme militaire, qui malgré son inachèvement présente une gamme assez complète d'applications des plans-types élaborés par Vauban un demi-siècle auparavant. À l’intérieur du fort s'élèvent en effet des casernes de type Vauban pouvant loger environ 1 200 hommes, une chapelle dédiée à saint Louis, un bâtiment pour le gouverneur de la place, et un arsenal pouvant abriter une centaine de pièces d'artillerie. Sobre, mais néanmoins élégante, l'architecture des différents éléments constitutifs (murailles, portes, bâtiments) en fait un monument à la fois très impressionnant et représentatif de l'architecture militaire classique.

Le plateau ne comportant aucune source, le fort est équipé de 2 citernes pour ravitailler la troupe en eau (3 300 m3*). Elles étaient alimentées par une source captée dans la montagne de l'Infernet.

La porte de la Durance, qui permet d’entrer dans le fort en venant de Briançon par le pont d’Asfeld.

Le fort comporte trois accès :

* La porte de la Durance, qui permet d’entrer dans le fort en venant de Briançon par le pont d’Asfeld.

* La porte du front de secours au sud, facile d’accès en hiver et abritée des tirs ennemis, permet de ravitailler le fort en vivres et en eau et d’évacuer les blessés en cas de conflit.

* La porte royale, située dans la partie la plus défendue du fort. Elle est protégée par un important dispositif : un front bastionné composé de deux bastions et une demi-lune (doublés d'une lunette et de contregardes), des fossés et un chemin couvert. Le passage s’ouvre au centre de la courtine. Un décor de style classique comportant deux pilastres et un fronton triangulaire orne l'entrée.

 

 

 

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