Fort du Randouillet
Briançon
Description géographique du site
Ce fort est situé sur une position plus étroite est escarpée que les autres ouvrages. Assez vite, commandants en chef et ingénieurs en charge de la fortification de Briançon réalisèrent que la place n'était défendable qu'avec l'occupation permanente des Têtes, elle-même assurée si l'on tenait la hauteur dangereuse du Randouillet.
Il est assez ardu de décrire le fort du Randouillet car, bien que construit en pleine époque classique, triomphe de la fortification bastionnée, il échappe pratiquement à tout schéma géométrique régulier, compte tenu des difficultés du terrain montagneux. Cherchant néanmoins à tirer le meilleur parti de ce site très particulier, les ingénieurs ont réalisé un ouvrage fortifié divisé en deux : le « donjon », couronnant le piton rocheux, et renfermant l'essentiel des organes de feux, et l'enceinte basse, enfermant l'essentiel des bâtiments, logements ou magasins. Du fait de son relief, le « donjon » masque complètement aux vues dangereuses tout le reste du fort.
Le contexte de construction
En 1709, en pleine guerre de succession d'Espagne, le maréchal de Berwick fit occuper, en fortification passagère, non seulement le plateau des Têtes, mais aussi la butte du Randouillet. Les travaux furent exécutés rapidement par la main-d’œuvre militaire, grâce à la présence des nombreuses troupes concentrées autour de Briançon.
La paix revenue, en 1713, la cour fut obligée de prendre en compte le fait que Briançon était désormais vouée au rôle de place de première ligne, et il convenait alors de transformer en ouvrages permanents les organisations passagères réalisées sous la pression des évènements, dès que la situation économique le permettrait.
La construction
Le fort de Randouillet a suivi le même calendrier de construction que le fort des Trois Têtes. Ainsi, les travaux sont considérés comme terminés en 1734, même si quelques bâtiments (chapelle, pavillon des officiers, 4e bâtiment de troupe, arsenal), projetés mais non réalisés, figureront longtemps encore sur les projets annuels. Les choses resteront en l'état jusqu'en 1833, où la batterie centrale du donjon, à ciel ouvert, est remplacée par une batterie casematée à la Haxo.
Les derniers travaux notables, exécutés sous la IIIe République, sont la construction de hangars pour l'artillerie, l'installation des téléphériques Sainte-Catherine-Randouillet et Randouillet-La Seyte, et quelques aménagements de positions de batterie.
Il s'agit toutefois d'aménagements mineurs car, hormis l'adjonction de la batterie-casemate du donjon, le fort est pratiquement resté dans son état d'origine. L'ouvrage est passé en deuxième ligne depuis la construction des nouveaux forts de 1874 (Infernet et Croix de Bretagne) et n'avait plus, en 1940, qu'un rôle de casernement.
À noter que le pont-levis à zig-zag, composé de pièces métalliques, d’un tablier en bois et d’une bascule intérieure, est toujours en place et fonctionne encore.
Le fort appartient à la Ville de Briançon et fait partie des ouvrages inscrits sur la liste du Patrimoine Mondial pour l’œuvre de Vauban.