Fort des Salettes

Briançon

Fort des Salettes
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La création d'une « redoute à mâchicoulis » est proposée par Vauban, à l'article 60 de son premier projet pour Briançon (22 novembre 1692). Il n'est pas à exclure que Vauban ait repris là l'une des propositions d’un projet précédent, de l'ingénieur Delabat (12 janvier 1692), mais dont le plan manque.

Aucune suite n'ayant été donnée, Vauban inscrit à nouveau la création de la « redoute des Salettes » dans son deuxième projet avec descriptif et estimatifs détaillés, accompagnés des dessins. En 1704, Vauban se plaint que rien n'ait commencé. Il meurt en 1707 avant le début des travaux.

Quelques dates-clés :

* 1709-1712 : construction de l'ouvrage, conformément au projet de Vauban : une tour carrée entourée d'un fossé à contrescarpe revêtue et galerie de fusillade à feux de revers.

* De 1840 à 1854, succession continue de projets et de contreprojets différant par le nombre et l'orientation des pièces de casemates, l'adjonction d'une galerie d'accès arrière sous roc, de casemates extérieures à feux de revers, le couvrement ou non du fossé nord-est, etc.

* De 1826 à 1854 se succèdent différents avant-projets. Le projet définitif voit le jour de 1847 à 1854 avec la construction d'une batterie à la Haxo, de bastions, du voûtement de la plate-forme de la tour et du magasin à poudre.

On peut considérer que l'ouvrage est achevé en 1854, et ne subira plus aucune modification ultérieure. En conclusion, si l’on part de la première ébauche de Vauban en 1692, la construction de l’ouvrage définitif a pris plus de 150 ans !

La fonction stratégique du fort

À l'origine, il s’agit d’un ouvrage d'occupation destiné à empêcher un ennemi de s'emparer d'une position qui aurait un commandement important sur la ville et le château. La tour-réduit, entouré d'un fossé bien flanqué, tenue par de l'infanterie et de l'artillerie légère remplit bien ce rôle, avec de bonnes possibilités de surveillance du chemin du Montgenèvre.

Assez vite, cependant, on constate que si l'ouvrage domine bien la trouée de la Durance et le chemin du Montgenèvre, il est lui-même fortement dominé au nord, et à très courte distance, par les pentes de la Croix de Toulouse, du rocher de l'Ombre et du bois de la Pinée. Il convient de protéger sa plateforme contre le tir fichant de tirailleurs pouvant s'infiltrer.

Par ailleurs, la construction sous l'Empire de la route d'Italie (RN 94) augmentant sensiblement les possibilités de pénétration, conduit à la résolution d'agrandir la redoute et de la transformer en ouvrage d'interdiction, casematé et bien doté en artillerie. C'est l'objet des projets élaborés à partir de 1826 et 1854.

Un ouvrage remarquable

Malgré ses dimensions modestes et la rareté du décor architectural, le fort des Salettes n'en est pas moins un ouvrage remarquable à plusieurs titres :

* Site montagneux particulièrement pittoresque

* Un des derniers ouvrages bastionnés conçus et réalisés quelques années seulement avant la crise de l'artillerie rayée

* Présence d'une batterie casemate à la Haxo1 dont peu d'exemplaires subsistent encore (bastille de Grenoble, Randouillet, château de Belfort)

* Excellent état général dû à la qualité de la construction, et aux travaux de remise en état effectués par le club du Vieux Manoir ces dernières années

* Tour de force technique représenté par l'exécution de certaines parties, fronts sud-est et nord-est en particulier

* Présence d'un des rares spécimens subsistant de pont-levis à zigzag.


Le fort appartient à la Ville de Briançon et fait partie des ouvrages inscrits sur la liste du Patrimoine Mondial pour l’œuvre de Vauban.

 

 

 

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