Fort de Lenlon
Névache
La construction
Il fut décidé, en 1885, de construire, à titre d'ouvrage de surveillance, un blockhaus sur un sommet (2508 m) de la crête des Ruines. L'ouvrage, assez original dû à sa forme hémicylindrique à deux étages, fut réalisé de 1891 à 1893 – soit quatre à cinq ans après ses homologues du Janus, de la Grande Maye et de la Lauzette.
La position dans sa globalité est un ensemble formé par le blockhaus puis, plus tard (entre 1900 et 1908), des baraques, des magasins de munition, des batteries et des retranchements. Chaque étage du blockhaus pouvait accueillir jusqu’à 40 hommes.
L'ensemble est desservi par une route militaire, greffée sur la route du fort de l'Olive, tandis qu'un sentier muletier en lacets relie directement la position au fort. La vie y était rendue possible par une fontaine avec lavoir et abreuvoir, greffée sur la source captée alimentant par ailleurs le fort de l'Olive.
Ainsi constituée, la position n'évoluera pratiquement plus.
L’ouvrage reste en excellent état, et domine de sa forme imposante le haut plateau herbu de l'Enlon, rappelant la tour italienne de la Roncia, défendant le mont Cenis tout proche, et à peu près contemporaine.
Visible de très loin, avec sa structure de donjon, il s'adapte très bien au paysage de haute montagne, et apporte une note humaine aux solitudes désolées.
La fonction stratégique du fort
Le fort Lenlon, qui consiste principalement en un blockhaus, avait pour vocation de protéger le fort de l’Olive, qui souffrait d’une position isolée et très difficile à soutenir, car dominée en arrière et vulnérable à des infiltrations d'infanterie.
Les deux redoutes et la ligne de retranchements en pierres sèches, établies à la crête militaire au nord du blockhaus, barrent la crête de la Cime des Ruines et permettent en effet de battre les pentes descendant vers le fort de l'Olive, situé 300 m plus bas.
Il surveillait le glacis naturel descendant vers le fort de l'Olive, les cols des Thures et de l’Échelle et une partie du terrain en avant des retranchements de Berwick, mais n'avait pratiquement aucune vue sur la vallée de la Clarée.
Le blockhaus, pris individuellement, a une réelle valeur architecturale - malgré le caractère très dépouillé de sa construction - liée à sa forme (on le surnomme aussi parfois le « Boyard haut-alpin »), sa grille, mais aussi sa position dans le paysage et les vues lointaine qu'on peut y découvrir.