Village de Pomet
Val Buëch-Méouge
Un ancien village fortifié, perché au-dessus de la Méouge
Accroché à un éperon rocheux à environ 670 mètres d’altitude, Pomet se situe à la confluence du torrent du Rif et de la Méouge. Ce village isolé, aujourd’hui réduit à quelques bâtiments, conserve les traces d’une histoire qui remonte jusqu’au Moyen-Âge.
Entouré de gorges, falaises et versants boisés, le site offre un paysage spectaculaire. Au sud, le regard plonge vers les gorges de la Méouge. Au nord, les pentes descendent vers le Rif. Cette implantation défensive et naturellement protégée explique probablement le développement ancien du village sur cette étroite crête rocheuse.
Pomet est mentionné au Moyen-Âge sous le nom de castrum de Pometo. Le village s’organisait autour d’un site castral dont quelques vestiges subsistent dans le quartier du Barri, notamment un long mur de maçonnerie qui pourrait dater des XIIe ou XIIIe siècles. L’existence de l’église Saint-Antoine est, quant à elle, attestée dès le XIIIe siècle.
L’histoire du château est marquée par la figure de Guillaume de Mévouillon-la-Chaup, seigneur de Val-de-Barret. Après sa condamnation en 1338 pour de nombreux actes de violence et de brigandage, son château aurait été rasé. Plus tard, pendant les guerres de Religion, Pomet fut assiégé en mai 1580 par les troupes protestantes de Gouvernet.
Les traces de la vie quotidienne
Le cadastre de 1824 montre un village encore composé d’une quarantaine de petites parcelles. Les maisons étaient regroupées dans la partie occidentale, tandis que les bâtiments agricoles occupaient plutôt la partie orientale. Pomet possédait alors un four communal, un presbytère, plusieurs places et des aires destinées au battage des céréales.
La fontaine et le lavoir de la place principale rappellent cette vie collective. La fontaine porte la date de 1858. À proximité, un peuplier aurait été planté en 1889 comme « arbre de la Liberté », selon une tradition locale rapportée par les travaux d’inventaire.
Les habitants cultivaient quelques terres au pied du village et exploitaient des prés de fauche sur les pentes dominant le Rif. Certains de ces prés étaient alimentés par de petits canaux dérivés du torrent. Les maisons, souvent adossées à la pente, comportaient un ou deux niveaux de soubassement adaptés au relief. Plusieurs vestiges conservent des voûtes en berceau et des maçonneries en moellons calcaires.
Un village progressivement abandonné
À partir du milieu du XIXe siècle, Pomet connaît un lent dépeuplement. Le phénomène s’accélère durant la première moitié des années 1930, notamment après la vente de nombreuses propriétés communales à l’administration des Eaux et Forêts. En 1944, le village ne compte plus que deux habitants et l’ancienne commune de Pomet est rattachée à Châteauneuf-de-Chabre, elle-même aujourd’hui intégrée à la commune de Val Buëch-Méouge.
Lors de l’étude réalisée en 2016, seules deux maisons étaient encore occupées à l’année. Une petite demi-douzaine de bâtiments subsistait, parmi lesquels l’ancienne école, l’église désaffectée et le cimetière, tandis que les autres constructions étaient à l’état de ruines.
Un paysage habité depuis l’Antiquité
L’histoire de Pomet ne se limite pas au village médiéval. En contrebas, le site du Castellac, installé sur un méandre de la Méouge, pourrait avoir accueilli un habitat fortifié dès l’Antiquité tardive ou le haut Moyen-Âge. Il a ensuite servi de cimetière, attesté au XIIIe siècle et encore représenté sur le cadastre de 1824. Plus loin, le site du Villard témoigne également d’une occupation à l’époque romaine.
De ces occupations successives demeure aujourd’hui un patrimoine discret, fait de murs, de chemins, de bâtiments ruinés et de paysages façonnés par les activités humaines. Pomet offre ainsi l’image d’un ancien village de montagne dont l’histoire reste lisible dans le relief.