Ciné mon mardi : Dégele

Veynes

Ciné mon mardi : Dégele
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Bonjour à vous, spectateurs de Ciné mon Mardi, fidèles ou occasionnels, cinéphiles chevronnés ou amateurs avertis d'un cinéma de qualité,
Sélectionné au dernier Festival de Cannes dans la section Un certain regard, Dégel est le premier long-métrage derrière la caméra de Manuela Martelli, née en 1983. C'est dire que l'actrice, scénariste et réalisatrice chilienne a vécu son enfance dans un pays où sévissait la dictature d'Augusto Pinochet, le régime qui pratiquait sans vergogne l'enfermement, la torture et l'assassinat de ses opposants.
Dégel se déroule en 1992, peu de temps après la fin de la dictature. La liberté de parole n'est pas encore retrouvée et les traumatismes sont flagrants. La petite Inès, 9 ans, ne comprend pas tout et s'interroge.
Pour commencer
Chili, 1992. Le pays reste marqué par des années de dictature. Alors qu’elle est gardée par ses grands-parents dans leur hôtel en station de ski, Inès, 9 ans, se lie d’amitié avec Hanna, une jeune sportive venue d’Allemagne. Lorsque celle-ci disparaît sans laisser de trace, l’enfant cherche à comprendre.
Allons plus loin
Les premières images de Dégel plongent le spectateur dans une atmosphère troublante. Une musique lancinante accompagne une suite énigmatique : images d’archives, sang qui s’écoule dans un siphon, silhouette évanescente, ombre inquiétante. Mais le sang - référence à Psychose d’Hitchcock - n’est pas d’un meurtre mais celui de la perte d’une dent de lait. Le film ici file la métaphore de la banalité du mal qui se cache sous le quotidien.
Au Chili en 1992, deux ans après la chute de la dictature, la petite Inès s’occupe comme elle peut dans l’hôtel de sa grand-mère. Cet hiver, on accueille touristes et investisseurs. Il y a aussi Hanna, toute jeune skieuse venue d’Allemagne s’entraîner sous la coupe d’un entraîneur autoritaire.
Pistes de ski et forêt enneigée, en quelques détails, Manuela Martelli dresse le décor. Tout en dévoilant les liens profonds des personnages, par des non-dits elle fait planer une tension constante. L’histoire bascule avec la disparition soudaine d’Hanna. Le film n’a, alors, de cesse de sonder ce que l’on veut cacher.
Par touches sur le contexte historique et à travers cette disparition inexpliquée, le film fait signe vers les années de dictature, visant à en livrer une parabole. Mais c’est davantage au niveau de son personnage principal, Ines, de ses grands yeux emplis d’innocence, et peut-être d’autres mystères, que le film s’avère le plus magnétique.
Nous serons en visio, pour échanger avec Daniela Munizaga Àlvarez, psychanalyste à Santiago du Chili qui travaille sur la mémoire de la dictature, les terrorismes des États envers leurs propres citoyens et les Droits de l'homme.
L'équipe de Ciné mon Mardi,
d’après Le Monde, Libération et le dossier de presse

 

 

 

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